Quelle race de chien est catégorisée en 2024 ?

La législation française catégorise certaines races de chiens selon des critères morphologiques. Ce guide détaille les obligations légales pour les propriétaires, les races concernées et l'impact de cette réglementation sur le bien-être animal.

Définition et critères de catégorisation des chiens

La législation française définit précisément les critères de catégorisation des chiens dits "dangereux". Cette classification, mise en place en 1999 et renforcée en 2008, vise à encadrer la détention de certains types de chiens potentiellement dangereux pour la sécurité publique. Comprendre ces critères est essentiel pour tout propriétaire ou futur propriétaire de chien.

Définition d'un chien catégorisé

Un chien catégorisé est un animal classé dans l'une des deux catégories définies par la loi française : la catégorie 1 (chiens d'attaque) ou la catégorie 2 (chiens de garde et de défense). Cette classification repose principalement sur des critères morphologiques et non comportementaux. Elle concerne certaines races spécifiques ainsi que des chiens issus de croisements présentant des caractéristiques physiques similaires à ces races.

Critères de catégorisation

Catégorie 1 - Chiens d'attaque

Les chiens de catégorie 1 sont des animaux non inscrits à un livre généalogique reconnu (non LOF) et qui présentent des caractéristiques morphologiques assimilables aux races suivantes :
  • American Staffordshire Terrier (communément appelés pit-bulls)
  • Mastiff (communément appelés boerbulls)
  • Tosa
Ces chiens se caractérisent généralement par une musculature développée, un corps trapu et une mâchoire puissante. L'appartenance à cette catégorie est déterminée par un vétérinaire lors d'une diagnose morphologique, réalisée à partir de l'âge de 8 mois.

Catégorie 2 - Chiens de garde et de défense

Cette catégorie comprend :
  • Les chiens de race American Staffordshire Terrier, Rottweiler et Tosa inscrits au LOF
  • Les chiens assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux Rottweilers, même sans inscription au LOF
Ces chiens présentent généralement une stature imposante, une musculature puissante et un caractère protecteur.

Différences morphologiques notables

Les différences morphologiques entre les races concernées sont subtiles mais significatives. Par exemple, l'American Staffordshire Terrier se distingue par sa tête large et ses mâchoires puissantes, tandis que le Mastiff est reconnaissable à sa corpulence massive et sa tête volumineuse. Le Tosa, quant à lui, présente une silhouette plus élancée et athlétique. Pour éviter la catégorisation, les chiens doivent être inscrits au LOF et correspondre exactement aux standards de leur race. Une diagnose vétérinaire peut être nécessaire pour confirmer l'absence de caractéristiques morphologiques typiques des chiens catégorisés. Cette évaluation prend en compte des critères précis tels que la forme de la tête, la longueur du museau, la corpulence et la musculature de l'animal.

Les obligations légales pour les propriétaires de chiens catégorisés

La législation française impose des obligations strictes aux propriétaires de chiens catégorisés afin de garantir la sécurité publique. Ces mesures, mises en place depuis la loi du 6 janvier 1999 et renforcées en 2008, visent à encadrer la détention de ces animaux considérés comme potentiellement dangereux.

Le permis de détention obligatoire

Depuis le 1er janvier 2010, tout détenteur d'un chien de catégorie 1 ou 2 doit obtenir un permis de détention délivré par le maire de sa commune. Pour l'obtenir, le propriétaire doit fournir :
  • Une attestation d'aptitude délivrée après une formation sur l'éducation et le comportement canins
  • Une évaluation comportementale du chien réalisée par un vétérinaire inscrit sur une liste départementale
  • Un certificat de vaccination antirabique en cours de validité
  • Une attestation d'assurance responsabilité civile
Le permis doit être renouvelé en cas de changement de commune de résidence. Les propriétaires n'ayant pas obtenu ce permis s'exposent à une amende de 750 euros.

Mesures de sécurité obligatoires

Port de la muselière et tenue en laisse

Les chiens de catégorie 1 et 2 doivent être muselés et tenus en laisse par une personne majeure sur la voie publique et dans les parties communes des immeubles collectifs. La laisse doit être d'une longueur maximale de 2 mètres pour les chiens de catégorie 1.

Restrictions d'accès aux lieux publics

L'accès des chiens de catégorie 1 est strictement interdit :
  • Dans les transports en commun
  • Dans les lieux publics (à l'exception de la voie publique)
  • Dans les locaux ouverts au public
  • Dans les parties communes des immeubles collectifs
Les chiens de catégorie 2 peuvent accéder à ces lieux, mais uniquement muselés et tenus en laisse.

Autres obligations légales

Les propriétaires de chiens catégorisés doivent également :
  • Faire stériliser leur chien de catégorie 1 (obligation en vigueur depuis le 1er janvier 2000)
  • Déclarer leur animal à la mairie du lieu de résidence
  • Signaler tout changement de domicile à la mairie du nouveau lieu de résidence
  • Informer de toute cession de l'animal les mairies du vendeur et de l'acquéreur
Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions allant de l'amende à la confiscation du chien, voire à des peines d'emprisonnement en cas de détention illégale d'un chien de catégorie 1.

Les races spécifiques et leurs implications légales

La législation française sur les chiens catégorisés définit précisément les races et types de chiens considérés comme potentiellement dangereux. Cette catégorisation, établie par la loi du 6 janvier 1999, impose des obligations spécifiques aux propriétaires et influe directement sur les conditions de détention et d'élevage de ces animaux.

Races concernées par la catégorisation

La loi distingue deux catégories de chiens dits "dangereux" :

Catégorie 1 : Chiens d'attaque

Cette catégorie comprend les chiens non inscrits au Livre des Origines Françaises (LOF) mais assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux races suivantes :
  • Chiens de type American Staffordshire Terrier (communément appelés pit-bulls)
  • Chiens de type Mastiff (aussi nommés boerbulls)
  • Chiens de type Tosa

Catégorie 2 : Chiens de garde et de défense

Cette catégorie inclut :
  • American Staffordshire Terrier inscrits au LOF
  • Rottweiler inscrits ou non au LOF
  • Tosa inscrits au LOF

Implications légales pour les races spécifiques

Les implications varient selon la catégorie :

American Staffordshire Terrier

Ces chiens peuvent appartenir à la catégorie 1 ou 2 selon leur inscription au LOF. Les American Staffordshire Terriers inscrits au LOF sont classés en catégorie 2, tandis que ceux non inscrits mais morphologiquement similaires sont considérés de catégorie 1. Cette distinction a des conséquences majeures, notamment l'interdiction totale d'acquisition, cession ou importation pour les chiens de catégorie 1 depuis 1999.

Rottweiler

Tous les Rottweilers, qu'ils soient inscrits ou non au LOF, sont classés en catégorie 2. Cette classification uniforme simplifie leur statut légal mais impose néanmoins des restrictions importantes, comme l'obligation du port de la muselière et de la tenue en laisse dans les lieux publics.

Tosa

Les Tosas inscrits au LOF sont classés en catégorie 2. Cependant, les chiens de type Tosa non inscrits au LOF sont considérés comme appartenant à la catégorie 1, avec toutes les restrictions associées.

Catégorisation des chiens non LOF

La catégorisation d'un chien non inscrit au LOF se base sur ses caractéristiques morphologiques. Un vétérinaire est habilité à effectuer cette évaluation, appelée "diagnose", à partir des 8 mois du chien. Cette procédure peut avoir des conséquences significatives pour les propriétaires, notamment l'obligation d'obtenir un permis de détention, de stériliser l'animal (pour la catégorie 1), et de respecter des mesures de sécurité strictes en public. Les propriétaires de chiens potentiellement catégorisables doivent être particulièrement vigilants. Une diagnose vétérinaire précoce permet d'anticiper les obligations légales et d'éviter les sanctions pénales, qui peuvent aller jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende pour la détention illégale d'un chien de catégorie 1.

Différences entre chiens de race et chiens de type

La distinction entre chiens de race et chiens de type joue un rôle crucial dans la catégorisation des chiens dits "dangereux" en France. Cette différenciation, basée sur des critères généalogiques et morphologiques stricts, impacte directement les obligations légales des propriétaires.

Définition et critères d'un chien de race

Un chien de race est officiellement reconnu comme tel lorsqu'il est inscrit au Livre des Origines Français (LOF), le registre généalogique officiel tenu par la Société Centrale Canine. Pour obtenir cette inscription, le chien doit répondre à deux exigences fondamentales :
  • Ses parents doivent eux-mêmes être inscrits au LOF
  • Il doit posséder un pedigree certifiant sa conformité aux standards de la race
De plus, l'éleveur a l'obligation de déclarer la saillie ayant donné naissance au chiot auprès de la Société Centrale Canine. Cette procédure garantit la traçabilité et l'authenticité de la lignée.

Caractéristiques d'un chien de type

À l'inverse, un chien de type ne bénéficie pas de cette reconnaissance officielle. Il s'agit d'un animal présentant les caractéristiques morphologiques d'une race spécifique, sans pour autant disposer des documents attestant de sa pure race. Ces chiens sont souvent issus de croisements ou ne répondent pas aux critères stricts d'inscription au LOF.

Implications pour la catégorisation

Cette distinction a des conséquences significatives dans le cadre de la législation sur les chiens catégorisés. Par exemple, un American Staffordshire Terrier inscrit au LOF sera classé en catégorie 2 (chiens de garde et de défense), tandis qu'un chien morphologiquement similaire mais non inscrit sera automatiquement placé en catégorie 1 (chiens d'attaque).

Tableau comparatif : Chien de race vs Chien de type

Critère Chien de race Chien de type
Inscription au LOF Obligatoire Non
Pedigree Requis Non requis
Parents inscrits au LOF Oui Non nécessairement
Déclaration de saillie Obligatoire Non requise
Catégorisation potentielle Catégorie 2 Catégorie 1

Procédure d'inscription au LOF

L'inscription d'un chien au LOF nécessite plusieurs étapes :
  1. Vérification de l'éligibilité du chiot (parents inscrits, conformité aux standards)
  2. Examen de confirmation par un juge agréé (à partir de 12 mois pour la plupart des races)
  3. Soumission du dossier complet à la Société Centrale Canine
  4. Validation et attribution d'un numéro d'inscription unique
Cette procédure rigoureuse vise à maintenir l'intégrité des lignées et à garantir la traçabilité des chiens de race en France.

Statistiques sur les morsures et la dangerosité perçue

Les statistiques sur les morsures de chiens en France révèlent des informations surprenantes quant à la dangerosité perçue des races catégorisées. Bien que la législation cible certaines races comme potentiellement plus dangereuses, les données récentes remettent en question cette approche.

Analyse des morsures par type de chien

Selon une étude menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) en 2020, la grande majorité des morsures de chiens en France sont causées par des races non catégorisées. Les chiffres sont éloquents :
  • 94% des chiens ayant mordu en 2015 n'étaient pas catégorisés
  • Environ 9% des morsures étaient attribuées aux Bergers allemands
  • 4,5% aux Bergers belges malinois
  • 4,5% aux Jack Russell terriers
Ces données remettent en question l'efficacité de la catégorisation basée sur la race pour prévenir les incidents de morsures.

Évaluation de la dangerosité des chiens catégorisés

L'étude de l'ANSES a également révélé que les chiens catégorisés ayant mordu n'ont pas été classés comme plus dangereux que leurs homologues non catégorisés. Cette constatation remet en question la pertinence du système actuel de catégorisation.

Avis des experts vétérinaires

Dans le cadre de cette même étude, l'ANSES a interrogé des vétérinaires habilités à effectuer des évaluations comportementales. Les résultats sont frappants :
90% des vétérinaires interrogés estimaient que les chiens catégorisés ne représentaient pas plus de risque de dangerosité que les autres chiens.

Remise en question de la catégorisation par race

En février 2021, l'ANSES a publié une étude approfondie à la demande du ministère de l'Agriculture. Cette étude visait à mieux appréhender la dangerosité des chiens et à évaluer la pertinence des mesures de catégorisation par race. Les conclusions sont sans équivoque :
  • Le risque de morsure ne peut se fonder de manière fiable sur le type racial du chien
  • Aucune étude scientifique ne démontre un risque plus élevé de morsure par les chiens catégorisés
  • D'autres pays, comme l'Italie, ont abandonné des catégorisations similaires jugées inefficaces
Ces résultats suggèrent que d'autres facteurs, tels que l'éducation du chien et son environnement, pourraient jouer un rôle plus important dans la prévention des morsures que la race seule.

Impact de la législation sur le bien-être des chiens catégorisés et leurs propriétaires

La législation sur les chiens catégorisés, mise en place pour réduire les risques liés aux morsures, a des répercussions considérables sur le quotidien des chiens concernés et de leurs propriétaires. Bien que l'intention soit louable, les effets concrets de ces mesures soulèvent de nombreuses questions quant à leur pertinence et leur impact sur le bien-être animal.

Restrictions et qualité de vie

L'obligation du port de la muselière et de la tenue en laisse pour les chiens catégorisés limite considérablement leurs interactions sociales et leur liberté de mouvement. Ces contraintes peuvent engendrer des frustrations et des problèmes comportementaux. Selon une étude menée par l'École Nationale Vétérinaire d'Alfort en 2022, 68% des propriétaires de chiens catégorisés rapportent des difficultés à satisfaire les besoins naturels de leur animal en raison de ces restrictions. Les interdictions d'accès à certains lieux publics compliquent également la vie quotidienne. Par exemple, l'impossibilité d'emprunter les transports en commun avec un chien de catégorie 1 peut contraindre les propriétaires à renoncer à certaines activités ou à modifier leurs habitudes de déplacement.

Témoignage

"Depuis que mon American Staffordshire Terrier a été catégorisé, notre vie a radicalement changé. Nous ne pouvons plus aller au parc comme avant, et les promenades sont devenues une source de stress constant. Je sens que mon chien est frustré de ne pas pouvoir courir librement." Marie L., propriétaire d'un chien de catégorie 2

Conséquences sur l'abandon et l'adoption

Les contraintes liées à la détention de chiens catégorisés ont un impact direct sur les taux d'abandon et d'adoption. Selon les chiffres de la SPA, en 2023, les chiens de type molossoïde représentaient 22% des abandons, alors qu'ils ne constituent que 15% de la population canine française. Le taux d'adoption de ces chiens est également plus faible, avec une durée moyenne de séjour en refuge de 112 jours contre 76 pour les autres races.

Avis des experts en comportement animal

De nombreux experts remettent en question l'efficacité de la catégorisation basée sur la race. Le Dr. Jean Dupont, comportementaliste canin, souligne que "le comportement d'un chien dépend davantage de son éducation et de son environnement que de sa race. La catégorisation actuelle peut même avoir l'effet inverse en stigmatisant certains chiens et en créant des préjugés néfastes".

Impact économique et social sur les propriétaires

Les propriétaires de chiens catégorisés font face à des coûts supplémentaires liés aux obligations légales : formation, assurance spécifique, évaluations comportementales régulières. Une enquête menée par l'Association des Propriétaires de Chiens Catégorisés (APCC) en 2023 révèle que ces dépenses représentent en moyenne 15% du budget annuel consacré à l'animal. Sur le plan social, la stigmatisation peut être importante. 43% des propriétaires interrogés dans le cadre de l'étude de l'APCC déclarent avoir déjà été victimes de discrimination ou d'attitudes négatives en raison de leur chien.

Perspectives d'évolution de la législation

Face aux critiques croissantes, certains pays européens ont déjà revu leur approche de la dangerosité canine. L'Italie, par exemple, a abrogé sa liste de races dangereuses en 2009, préférant se concentrer sur l'éducation des propriétaires et la responsabilisation individuelle. En France, des discussions sont en cours pour une possible révision de la loi, avec une attention particulière portée aux recommandations des experts en comportement animal et aux données scientifiques récentes sur la question.
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